CSPROJECTS

Réparations d'appareils électroniques vintage



Réparation d'un juke-box Seeburg Disco de 1979

Quelques photos

Cela devait arriver, c'est la suite logique. Etant repéré comme dépanneur-restaurateur de flipper, quelqu'un allait bien venir un jour avec un juke-box, compagnon habituel du flipper dans les bistrots ! Au départ, je ne suis pas trop enthousiaste, car la dernière fois que j'ai vu l'intérieur d'un juke-box, je me suis bien rendu compte d'une mécanique d'horlogerie complexe et moins modulaire que dans les flippers.

La machine arrive néanmoins car ma curiosité naturelle ne me permet pas de dire non … Première constatation, ce genre d'appareil est beaucoup plus « lourd » à déplacer ! Le descendre par la rampe d'une camionnette est un exercice périlleux ! C'est un Seeburg Disco, un grand classique des années 80. D'ailleurs je m'en rappelle, c'était bien celui-là qui se trouvait dans un (des nombreux) bistrots que je fréquentais assidument pendant mon adolescence ! Ah que de souvenirs …

Heureusement, le propriétaire possède toujours les clés, et un premier état des lieux montre que les piles ont coulé, un grand classique ; que les fils de masse ont été coupés, un grand classique aussi ; que graisse et huile ont séché ... et à l'allumage, seuls les 3 petits tubes néons s'allument … rien de nouveau sous le soleil ! Le panier à disques contient toujours 80 disques 45 tours d’époque.

Juke box Seeburg Disco fil terre
A gauche, la machine ouverte, au centre avec le fil de terre coupé et à droite avec les piles coulées

Par rapport aux flippers, je découvre également que la documentation est plus difficile à trouver, mais je finis quand même par découvrir et télécharger tout ce dont j'ai besoin sur le site de Thierry, grand gourou francophone des juke-boxes Seeburg. Je commence par contrôler et remplacer les fusibles et à reconnecter les fils de terre. Rien ne saute mais rien ne marche mieux non plus. Je me demande pourquoi quelqu’un a délibérément coupé ces fils de terre ?

La mécanique d’abord

Je retire la décoration en demi-cercle, joli mais encombrant. Il faut bien lire le manuel pour comprendre comment sortir le panier et la mécanique du tourne-disque. L’ensemble coulisse sur un châssis lui-même monté sur 4 gros ressorts. C’est assez bien conçu. Je dépose tout le bloc, et ramène la mécanique en bout de panier pour avoir accès, ça tourne et glisse très difficilement. Je dégraisse tout ce que je peux sans démonter et remets de l’huile aux endroits indiqués dans le manuel, y en a pas mal ! Et assez rapidement, l’ensemble se déplace beaucoup plus facilement. J’en profite pour essayer de comprendre comment cela fonctionne, je suis admiratif de l’arbre principal qui actionne 4 fonctions via 4 embrayages en fonction de la position d’un l’arbre à came. En faisant tourner le moteur à la main on voit clairement : la translation du chariot dans les deux sens, la prise de disque, le rejet de disque et le serrage de disque pour sa lecture. De plus il n’y a qu’un seul bras avec deux aiguilles qui passe d’un côté ou de l’autre du disque pour jouer les faces A ou B. Sans oublier la double brosse qui nettoie très rapidement l’aiguille après lecture de chaque disque. Une très belle mécanique, compacte, solide et rapide. 

Juke box Seeburg - Mécanique
Le panier à disque et le mécanisme déposé
Juke box Seeburg - Mécanique Juke box Seeburg - Mécanique
Le mécanisme vu sous tous les angles ! Compact et complexe !

Je termine en vérifiant l’enchainement des contacts et règle toutes les lames comme indiqué dans le manuel. Je remonte le tout dans la machine … et ça commence à bouger ! Le chariot se déplace, mais toujours du même côté et arrivé au bout, il insiste et cogne en permanence, il veut sortir du panier !

Puis la commande de la mécanique

Il y a donc un gros souci, je démonte et étudie longuement la carte électronique qui réalise la logique de pilotage du phonographe. Je suis même obligé de monter un petit banc d'essai avec une batterie d’interrupteurs sur le connecteur d’entrée pour tester toutes les conditions logiques de fonctionnement de la carte hors du juke-box (voir photo ci-dessous). Dans un forum, ils confirment le manque de fiabilité de cette carte et préconisent de remplacer TOUS les composants actifs ! Je ne travaille pas comme ça, je préfère comprendre et ne remplacer que ce qui est cramé, c’est plus rapide et moins cher. De plus, chaque remplacement de composant induit de nouveaux risques : nouveau composant défectueux, mauvaise soudure, court-circuit (entre pins de support tulipe dans les circuits imprimés double face par exemple) et même composants inadaptés. En effet, des CIs de type TTL, version L, S, LS, HC, HCT, … et puis CMOS, en principe interchangeables, ne le sont pas toujours. Ce genre de souci est très difficile à détecter.

Juke box Seeburg Disco - Carte de commande
La carte de commande en cours de tests

Je contrôle la logique de chaque porte à l’oscilloscope et je trouve et remplace un circuit intégré (U8 4013 flip flop) mais le chariot se bloque toujours du même côté. Je monte 2 LEDs sur chaque canal de sortie pour mieux voir ce qui se passe hors de la machine. J’arrive à suivre toute la logique d’inversion sur la carte mais une des LEDs ne s'allume jamais, il ne reste donc plus que le transistor de commande final, je le contrôle, il semble bien mort, je le remplace (heureusement que j'ai du stock !) et hop, la LED s'allume quand il faut ! J'installe dans la machine, et voilà : avec le boitier de contrôle technicien, le phonographe voyage à gauche, à droite, prend la face A, la face B. Le moteur fonctionne enfin dans les 2 sens ! Mais parfois, le chariot cogne encore à droite, il veut continuer,  donc l'électronique ne se rend pas compte qu'il est au bout ... ce n’est donc pas encore fini.

Mouvement du chariot et prise de disque, on voit les LEDs sur la carte de commande

Et la musique, elle sort quand ?

Les disques tournent mais on n’entend que le silence, frustrant. Je dépose et inspecte l’ampli, rien ne semble grillé, c'est déjà ça. Je contrôle les composants principaux, ponts de diodes d'alimentation, transistors de puissance et drivers, ... tout est OK.

Juke box Seeburg - ampli audio
Amplificateur audio en cours de test

J’allume au banc d'essai, la partie amplification de puissance après le bouton de volume fonctionne OK, le pré-ampli seul avant le bouton de volume est OK également. Je raccorde les 2 en passant outre du potentiomètre de volume extérieur et du relais de coupure, le signal passe bien à travers toute la chaine. Je branche mon smartphone dessus pour générer de la musique, j'entends la musique un dixième de seconde, puis plus rien ! En mettant un signal stable avec un générateur de fréquence, je constate qu'il y a une compensation automatique de volume, si le signal est trop fort ou brutal, la sortie diminue !

En étudiant attentivement le plan, je constate que cet ampli est très sophistiqué, il y a en tout 4 commandes de contrôle automatique de l'ampli et du volume :

  1. Le relais de « mute » qui coupe tout bruit de fond pendant les translations entre 2 disques
  2. Une sécurité en cas de surchauffe de l’étage de puissance de l’amplificateur
  3. Le contrôle automatique de volume pour équilibrer le volume de sortie indépendamment du niveau d’enregistrement du disque
  4. Le « squelch » qui diminue le volume automatiquement quand quelqu'un parle dans le micro (eh oui on pouvait raccorder un micro et parler comme à la radio!).

Donc c'est un des 3 derniers effets qui marche trop bien ! Divers tests me permettent de préciser le souci : le signal faible d’une guitare sur l’ampli passe bien mais disparait dès que le signal augmente alors que le signal qui sort de la tête de lecture du juke-box sort très bien sur mon ampli guitare !

A la vue du schéma, je vois que Seeburg a adapté ses amplis pour qu'automatiquement les basses soient émises en mono, et plus on monte dans les aigües plus la stéréo est séparée. Il est bien connu que la stéréo dans les basses ne sert à rien : les haut-parleurs sont trop près, les basses ne sont pas localisables et des basses stéréo risquent même d'interférer entre elles et de faire des ronflements, du « pompage », des sous-harmoniques et des vibrations parasites. Pas mal conçu donc. Sauf qu’ici la bobine de mixage créant le mono dans les basses est claquée ! Le système fonctionne donc en full stéréo comme n'importe quelle chaine hifi. La bobine étant très spécifique, je ne cherche pas à la remplacer pour l’instant, on verra si ça pose problème à l’audition quand cela fonctionnera.

Je reviens sur la sécurité électronique assez complexe qui coupe les entrées du préampli en cas de surcharge et de surchauffe des transistors de puissance ou de court-circuit en sortie. Je la désactive en coupant le signal (appelé SOS !) envoyé au préampli ... et bingo, ça marche, la musique fuse, la nostalgie des années 70 et 80 envahit le garage (ah les slows italiens), la qualité est assez bonne, le disque tourne rond et ça plait bien à mon épouse … cool ! Donc le circuit de protection était devenu hyper sensible, la simple pose de l'aiguille déclenche la protection jusqu'au prochain disque !

Passons à l’ordinateur … là où les choses se gâtent

J’attaque le bloc « ordinateur », d’abord je nettoie toute l’oxydation due à l’alcalin des vieilles piles. Le système est particulier, 3 cartes sont enfichées l’une sur l’autre : la carte clavier/afficheur, la carte microprocesseur et la carte monnayeur. Le circuit clavier n'envoie aucun signal. Il y a des résistances de « compensation », j'ai remplacé la principale mais cela n'a rien changé. Par contre si je la court-circuite, toutes les touches du clavier réagissent parfaitement et envoient les signaux corrects à l'ordinateur. Mais rien ne fonctionne au delà pour autant.

Je vois que la machine est fatiguée un peu partout, je n'ai pas vu souvent des pannes en chaîne comme ça. Cette machine doit être en panne depuis longtemps. En fait, les tolérances de fonctionnement des circuits logiques ont changé, ils ne réagissent plus que quand on les secoue à fond ! Ce n'est pas bon signe, car le vieillissement va continuer, surtout si on les fait travailler. Les circuits risquent de mourir tranquillement les uns après les autres.

Je trouve une cosse défaillante, je la répare. Je remplace également les mémoires de l'ordi (dessoudé 2 circuits, ressoudé support et clipsé les nouvelles RAMs), l'affichage réagit enfin au clavier ! Enfin juste à 2/3 des touches. Et lorsqu'il réagit l'affichage est faux : aucun symbole connu. Au lieu d'afficher le chiffre 1 il affiche un petit rond ! Les mémoires étaient donc bien claquées, mais ça confirme mon diagnostic, à chaque petite avancée, on cale de suite à l'étape suivante. Néanmoins, à l’oscilloscope, je vois que le processeur travaille bien sur les bus d’adresses et de données. Je suis le parcours des signaux à travers les portes logiques et j’en trouve une qui ne donne rien en sortie.

J’achète le composant suspect au magasin d’électronique du coin le lendemain et avec impatience et malgré ma fatigue je le remplace. Au banc d’essai je reconnecte l’alimentation mais je ne trouve pas les signaux attendus et je sens un CI qui chauffe ! Argh, je me jette sur l’interrupteur d’alimentation ... et je m’aperçois avec horreur que j’ai connecté le connecteur d’alimentation en haut à gauche comme d’habitude sauf, qu’après les manipulations d’usage de la carte lors de la soudure du support, j’ai disposé la carte à l’envers ! Et il y a bien un connecteur à 7 broches en diagonale qui se trouve à la même place quand on la tourne. Le piège mortel ! Je suis furieux de ne pas avoir remarqué ces 2 connecteurs similaires des 2 côtés opposés de la carte. La fatigue et l’impatience ont fait le reste ...

Juke Box Seeburg Disco - MPU
Il est facile de confondre ces 2 connecteurs si l'on tourne la carte d'un demi-tour.

Je rebranche tout correctement … pour constater que tous les bus autour du microprocesseur sont inertes, la carte est définitivement morte. En vérifiant sur le plan je vois bien que j’ai envoyé du 12V où il ne fallait pas. Quelle misère. Car ce processeur est très rare, quasi impossible à trouver et acheter un autre module original complet est tout aussi difficile et coûtera très cher, sans garantie de fonctionnement d'ailleurs. Les pièces de flippers sont quand même plus standards, faciles et pas trop onéreuses à trouver.

Je râle, car c'est la première fois qu'un problème pareil m'arrive, alors que je suis conscient de ce risque et que j'y suis très attentif. Je râle, car je pense que j'étais sur le point de réparer la carte. Je râle, car je vais perdre encore plus de temps et d'argent à remettre ça en ordre. Cet accident m’obligera à être encore plus prudent et à ne plus travailler sur des réparations délicates lors de grosses fatigues même si de nombreuses machines m’attendent. A chaque jour sa peine. Je suis donc obligé de commander une carte nouvelle génération aux USA.

Et le temps passe …

On dit parfois que lorsque quelque chose se passe mal, il est courant que la situation empire encore plus par la suite …

Donc je commande (péniblement, car le gars ne veut pas passer par ebay) une carte nouvelle génération SMCMCU GEN2  à 300$ avec 60$ de port et d'assurance. Un mois après je n'ai toujours rien reçu, je rappelle le gars qui me renvoie le suivi de la poste US : la carte est bien arrivée le 2 juillet chez moi ! Comme il n'y avait personne à la maison, le facteur était censé mettre un avis de passage pour que j'aille chercher le paquet au bureau de poste local. Sauf que je n'ai jamais vu/reçu cette notification dans ma boite aux lettres ... et après 15 jours, la poste renvoie le paquet aux USA ! M’enfin !

Je reçois des paquets de plusieurs pays en permanence et je n’ai quasi jamais eu de problème. Pourquoi cette fois-ci ? Je vais devoir repayer 60$ de port et d’assurance et attendre 2 mois de plus … Cela m'énerve à fond et je dépose plainte à la poste belge … Celle-ci reconnait immédiatement son erreur et me rembourse les 60$ de frais de port ! Je suis épaté. A cette occasion, la poste m’informe que si elle avait réussi à livrer correctement, j’aurais dû payer 102€ de taxe d’importation !

Quelques semaines plus tard, j’apprends que le paquet est bien revenu à l'expéditeur US, je lui repaie 60$ et il me le renvoie en me souhaitant bonne chance !

Encore quelques semaines plus tard je reçois enfin le paquet et le facteur me taxe 180€ ! Je suis bien obligé de les payer, il me faut cette carte, mais 180€ de taxe sur un bien qui en vaut 260€, soit 70%, c’est vraiment de l’escroquerie ! Moi qui croyais naïvement que le protectionnisme entre pays capitalistes avait disparu !

Seeburg SMC GEN2 Seeburg SMC GEN2

J’installe enfin cette fameuse carte, la machine répond et fonctionne quasi correctement du premier coup. Elle ne bloque plus en fin de course, mais ne compte pas tout à fait juste. Le premier disque à gauche est le n° 100 et le dernier à droite est le n° 179. Or si je demande le n° 179, il prend l’avant dernier, le n° 178 ! Et parfois au lieu du n° 100, il prend le n° 101 ! Il a l’air de compter une impulsion en trop. Je vérifie le contact de translation, il cliquète pourtant bien franchement à chaque déplacement de la largeur d’un disque. Le fabricant de la carte m’aide : en fait l’écart des contacts de fin de course doit être de 0,8mm … alors qu’il est de plus de 2mm ! Et donc le temps de fermeture allongé par le grand espace permet au mécanisme de compter une impulsion en trop. Délicat quand même.

Je teste quand même le monnayeur et avec un peu d’huile, une pièce de 20FB tombe et donne toujours bien deux disques. Mais cette carte permet de faire jouer le juke-box en continu en mode aléatoire ou en jeu gratuit. Le mode de test est très pratique aussi, on peut vérifier les délais de fermeture des contacts, les positionnements, … sympa. Je nettoie complètement la machine, l’avant arrondi n’est qu’un demi-cercle mais par un astucieux jeu de miroir on voir un cercle complet illuminé qui donne l'illusion de rentrer profondément dans la machine, on pourrait croire qu’elle est quasi vide ! Une petite fenêtre au-dessus permet de voir le panier de disque et les mouvements mécaniques, amusant. Néanmoins pour un modèle nommé « disco » je suis étonné qu’il n’y ait pas une petite boule à facettes miroir qui tourne ! Une fois bien propre, la machine donne vraiment très bien, voir photos.

Jukebox Seeburg Disco
Vue d'ensemble après nettoyage
Jukebox Seeburg Disco Jukebox Seeburg Disco
Le panneau de sélection et la fenêtre permettant de voir le « spectacle » du mécanisme et du panier de disques

L'expéditeur américain a eu la brillante idée de me laisser les papiers du premier envoi à l'intérieur du paquet. Et là je découvre que lors de la première livraison, la douane taxait bien à 102 € comme l’employée de la poste me l’avait dit ! Je ne les ai jamais payé, puisque le paquet n’a pas été livré, mais j’ai la preuve de 2 calculs différents pour le même paquet ! Là je ricane car l’Etat ne taxe pas à la tête du client et n’est pas censé faire d’erreur. Il va falloir m’expliquer ça. Je dépose à nouveau plainte à la poste, seule voie d’accès aux douanes, pour obtenir des explications et surtout me faire rembourser les 78€.

J’obtiens un contact téléphonique avec la poste et je sens un malaise, la première question « comment avez-vous eu la première taxation de la douane ? » m'étonne. Manifestement, j’ai soulevé un problème. Après plusieurs semaines la poste me dit « nous négocions avec les douanes » ! Finalement les douanes reconnaissent leur erreur et établissent les accises à 120€ ! Donc ni les 102€ ni les 180€, je suis outré : les douanes ont dû s'y reprendre à 3 fois pour établir le tarif ! Et en plus, je dois payer 30 euros de frais administratifs pour un travail aussi mal fait ! J'avais également exigé d'obtenir le détail du calcul ...

Le mode de calcul est intéressant : ils additionnent le prix du bien + l'assurance + les frais de port, ils appliquent 4 % de taxe d'importation, puis ils rajoutent 30 € de frais administratifs. Et à cette somme ils appliquent encore 21 % de TVA ! Donc, ils ne taxent pas que la valeur du bien (TVA = taxe sur la valeur) mais tous les montants possibles, même sur leurs propres frais de gestion de 30 € ! Et pour faire bonne mesure, ils taxent mêmes les taxes, car les 21 % de TVA sont appliqués sur la taxe de 4 % d'importation ! D'après l'avocat de l'association des consommateurs Test-Achats, cette méthode de calcul est totalement illégale en principe de droit, mais j'ai été voir au journal officiel belge, l'escroquerie est bien décrite ainsi noir sur blanc ...

J'ai continué à me plaindre sans relâche, le service juridique de la douane a cogité pendant des mois pour finalement jeter le gant et me rembourser tout ce que j'avais demandé. Certains me disent que je mets bien beaucoup d'énergie pour quelques euros. Ils ne comprennent pas que c'est une question de principe, car si tout le monde faisait comme moi, la douane finirait par faire son travail de service public correctement.

Cela me rappelle une autre histoire, il y a bien longtemps. J’avais décidé de construire un synthétiseur proposé par le magazine d’électronique Elektor. J’ai acheté tous les composants en France à Lille et il fallait déclarer l’achat au poste de douane en entrant en Belgique. Au bureau, le douanier voulait me taxer à 25% en me disant que c’était un instrument de musique, donc un produit fini. Je lui ai relu plusieurs fois la description mentionnée sur la facture « Composants électroniques pour instrument de musique », rien à faire, il ne voulait pas comprendre que ce n’était que des pièces. Je suis alors allé chercher mes divers sachets de composants en vrac et les ai tapés sur le comptoir en lui disant « Et bien si tout ceci est un instrument de musique, allez-y, jouez-en ! ». Il a encore essayé d’argumenter que cela allait en devenir un, à quoi je lui ai rétorqué que rien n’était moins sûr : je pouvais très bien abandonner le montage, mourir avant de l’avoir fini ou que des pièces pouvaient ne pas fonctionner ou manquer … De rage il est parti et quelques minutes plus tard un autre douanier est venu me taxer à 6%, le tarif normal des pièces détachées ! J’encourage tout le monde à ne pas accepter les abus manifestes, surtout du Service Public, et à systématiquement se plaindre par toutes les voies légales (par lettre recommandée surtout). J’ai constaté que si on a le courage de s’informer un peu, de s’expliquer clairement sans émotion ni violence et surtout de tenir bon, on gagne à tous les coups.

Mais je m’égare. Bref, c’était mon premier juke-box, j’ai appris beaucoup de choses comme d’habitude, il est juste dommage qu’un instant de distraction ait détruit un composant essentiel … et qu’il ait fallu autant de temps et d’énergie pour obtenir un remplacement. Mais bon, voilà une belle machine remise en route, malgré ces quelques aléas.

Audition après nettoyage

(CS octobre 2015)

Restauration du 2ème Disco

Restauration du 3ème Disco

Restauration du 4ème Disco